Voici un excellent article publié par Marc Jutier sur Agoravox.fr mettant en avant l'absurdité et les incohérences de notre système monétaire actuel.
Nous vivons depuis trois ans la crise de la dette et on ne s’en sortira pas sans changer de système monétaire. Le système actuel de création monétaire fonctionne selon le principe de la monétarisation des actifs présent et futur. Ce système qui enrichit les rentiers et les intermédiaires (banquiers, spéculateurs et traders), qui appauvrit les plus pauvres par différents processus (socialisation des pertes, rigueur budgétaire, taxes supplémentaires, loyer sur les prêts, répercussion des emprunts des entreprises sur le prix des produits) est totalement irrationnel. Comme il a déjà été expliqué dans de précédents numéros de NEXUS, l’argent est créé par la dette, mais l’argent pour payer l’intérêt lui n’est jamais créé. Pour pouvoir continuer à payer leurs annuités de dettes toujours plus élevées, il faut que les entreprises augmentent sans cesse leur production de marchandises et leur productivité en limitant les salaires. En fait, la somme d’argent que l’on doit aux banques (tout acteurs économiques confondus) est supérieure à la monnaie en circulation. Ce qui fait que si l’on actualisait les remboursements des annuités futures au temps « t », aujourd’hui par exemple, il n’y aurait tout simplement pas assez d’argent pour couvrir les dettes. Donc pour pouvoir continuer à fonctionner, ce système a besoin d’une croissance infinie des PIB, sinon il s’écroule !
Création de l’argent-dette
Dès que la croissance faiblit, les entreprises et les ménages réduisent leurs investissements et donc leurs emprunts, ce qui réduit la masse monétaire et accentue donc la récession. Pour éviter cela, les États facilitent alors les crédits, au besoin en renflouant les banques mises en difficulté par la faillite de leurs débiteurs. Les financiers sont les premiers bénéficiaires de cette stratégie. Mais le comble de l’absurdité c’est que l’État ne fait pas vraiment marcher la planche à billet parce qu’il se l’est interdit par l’Article 104 du Traité de Maastricht, alors il crée de l’argent en émettant des titres publics de dette et donc en empruntant cet argent aux banques et autres financiers, souvent internationaux. Par exemple, les banques françaises ont des milliards d’euros de titres Grecs.
En cette période contestation sociale et de ras le bol du système financier, il est bon de rappeler l'une des arnaques fondamentales du système bancaire qui est celle de la privatisation de la planche à billets.
En France c'est en janvier 1973 sous l'ère Pompidou (ancien président de la banque Rotschild) qu'a été votée la loi obligeant l'état français à emprunter sur le marché privé, c'est à dire en payant des intérêts à des banques privées.
Ce principe s'est généralisé depuis 1992 (Maastrischt) à tous les états membres de l'UE.
On ne fait que de nous parler dans les médias de cette fameuse dette publique, dette qui "obligerait" nos gouvernements à imposer des mesures d'austérité. Mais on se garde bien de nous expliquer l'origine de la dette. En effet, s'il n'y avait d'intérêts il n'y aurait pas de dette car c'est la charge de la dette qui nourrit la dette.

Voici quelques liens démontrant arithmétiquement cette arnaque :
http://ecosocietal.wordpress.com/2010/08/25/la-charge-de-la-dette-nourrit-la-dette/
Dans son dernier bloc-note paru sur le site de son association Egalité & Réconciliation, Alain Soral nous faire un rapide résumé de l'histoire des banques.
Mon dernier papier sur la dégringolade de notre État-nation qui abordait, entre autre, la question de la responsabilité de la loi du 3 janvier 1973 – modifiant le statut de la Banque de France – sur la liquidation de nos politiques sociales (retraites, Sécu…) en appelait un autre, plus général, sur ce qu’est la Banque, clef du pouvoir moderne. Le voici, rédigé de la façon la plus simple et la plus claire possible, ce qui n’est pas facile !
Les banques et la Banque
D’abord il faut comprendre que la Banque, comme principe et processus de domination, n’a rien à voir avec la banque de dépôt et de prêt du coin de la rue, son ancêtre et son origine dévoyée. Un dévoiement dont on peut marquer les étapes successives comme autant de sauts, du service vers la nuisance pure et simple…
D’abord prêter de l’argent qu’on a
À l’origine, l’argent prêté par la banque d’investissement et de dépôt aux uns, correspond à de l’argent déposé par d’autres, et le taux d’intérêt remboursé en plus du capital – soit de la masse monétaire crée en plus que celle déjà en circulation – correspond également à la création de richesse réelle d’une entreprise aidée par l’investissement productif.
Ensuite prêter de l’agent qu’on a… en partie
Mais l’argent réellement présent en banque ne risquant pas d’être retiré en même temps par tous les déposants, grande devient la tentation de prêter plus que les sommes effectivement en dépôt. Naît alors le “multiplicateur”, soit une fabrication d’argent scriptural, mais toujours dévolu à l’investissement productif. Argent temporairement fictif, mais devenant réel au final par la création de richesses (valeur ajoutée) due à cet investissement productif. Un mécanisme de fuite en avant peu dangereux à deux conditions : Un. Que l’économie se trouve dans une phase de développement et de croissance illimitée, comme c’était le cas au moment de l’invention de cette pratique à la Renaissance. Deux. Qu’une autorité politique, au-dessus de la Banque, régule et limite cette pratique au regard de la croissance et du développement économique réel, et pas seulement scriptural et spéculatif.
Prêter de l’argent qu’on a de moins en moins
Un contrôle et une modération de la fuite en avant des prêts bancaires, sans commune mesure avec la faiblesse des dépôts bientôt exigés, appelés “réserve fractionnaire”. Une réserve fractionnaire imposée aux banques par le politique, mais qui, par la force des choses et compte tenu de l’évolution du rapport de force entre le politique et l’argent, va avoir tendance, au cours du temps, à tendre progressivement vers zéro !
Prêter de l’argent qui n’existe pas, mais toujours contre intérêt
Suite à ce lent processus de dégénérescence et de prise de pouvoir – l’un étant permis par l’autre – la Banque devient donc progressivement une pure entreprise de racket et de dépossession. En effet, la masse monétaire mise en circulation par les banques étant toujours supérieure à la croissance possible (création de valeur ajoutée) et le taux d’intérêt, lui, mécaniquement impossible à rembourser. Ce prêt d’argent, fictif, mais que seules les banques ont le pouvoir de prêter, équivaut donc, à travers la garantie hypothécaire sur l’outil de travail et les biens, à une lente captation de toutes les richesses privées par la Banque. La Banque devenant ainsi progressivement propriétaire de tout, sans jamais rien produire, et avec de la fausse monnaie pour seule mise de fond ! Nous touchons là à ce que nous pouvons appeler le vrai secret bancaire : arnaque de génie au cœur de tous les déséquilibres et de la domination contemporaine.
(...)
A la manoeuvre en Grèce, et demain au Portugal et en Espagne, les fanatiques de l'euro ont fait leur choix : la monnaie unique à tout prix, quitte à sacrifier le peuple. Alors que la Grèce aurait urgemment besoin d'une politique monétaire plus finement adaptée à ses besoins, et disons-le clairement d'une bonne dévaluation pour retrouver un peu d'air, elle se trouve contrainte de faire porter l'intégralité de l'effort sur son peuple, n'ayant pas la possibilité de s'extraire du carcan de l'euro.
Les pensions grecques baisseront ainsi de 15%, les fonctionnaires perdront 2 mois de traitement sur 14, les salaires seront gelés pendant 3 ans pour tous, alors que les prix augmenteront du fait de la hausse programmée de la TVA. On demande aussi à la Grèce de décaler de 14 ans (!) l'âge de départ à la retraite de ses travailleurs...
Face à ce saccage social, qui montre que la zone euro est devenue à l'instar des pays du tiers-monde le terrain de chasse du FMI, de ses supplétifs européistes et de leurs fameuses "mesures structurelles", il y a bien sûr une autre voie : la sortie de l'euro. Aveuglés par leur dogmatisme, se refusant à voir la réalité en face, les élites européennes ne peuvent s'y résoudre, et brandissent immédiatement la théorie du chaos dès que l'hypothèse d'une restauration des souverainetés monétaires est avancée.
L'euro est un échec total. La croissance dans la zone est la plus faible du monde depuis la création de la monnaie européenne, nettement derrière celle des Etats-Unis et des pays européens qui n'ont pas adopté la monnaie unique. Des crises à la grecque sont en train de gagner un nombre croissant de pays de la zone. La crise a ici frappé plus vite, et plus durement. La récession en 2009 a atteint 4% dans la zone euro, contre 2,4% aux Etats-Unis, pourtant situés à l'épicentre de la crise.
2010/05/18 : Le député UMP Jacques Myard estime jeudi que les déclarations de la chancelière allemande Angela Merkel au journal Le Monde signent "la mort annoncée de l'euro". Dans un entretien au quotidien daté de mercredi, Angela Merkel affirme que "l'appartenance à la zone euro ne peut donner naissance à une Union faite de transferts financiers". "Cette déclaration signifie la fin de l'euro car c'est refuser par avance que les zones économiques développées paient pour les zones économiques plus pauvres", affirme Jacques Myard dans un communiqué. "C'est donc la mort annoncée de l'euro!" poursuit-il. "Il ne nous reste qu'une chose à faire: comment organiser calmement la sortie de l'euro? Commençons par l'Allemagne!".
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La fin de l'Euro par François ASSELINEAU qui égratigne au passage les tartuffes de la politique actuelle, tous les tartuffes :
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Et pour mémoire le célèbre documentaire L'Argent Dette de Paul Grignon :
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Après les ravages de la crise des surprimes et de la récession, des quartiers entiers doivent être passés au bulldozer. Ce plan radical intitulé « rétrécir pour survivre » (« shrink to survive ») pourrait être l’ultime recours d’une cinquantaine de villes américaines pour qui réduire l’aire urbaine serait le seul moyen d’éviter la faillite.
Plus de 1,2 million de maisons ont fait l’objet d’une saisie. Près de 19 millions de logements étaient inoccupés au deuxième trimestre, soit 14 % du parc total. Dans tout le pays, c’est l’exode, surtout des jeunes. Des quartiers se sont vidés de leurs habitants, jusqu’à présenter aujourd’hui le visage de villes fantômes. Au point que l’Administration Obama s’intéresse à une solution drastique : la démolition pure et simple des quartiers de banlieues déshéritées, afin d’aider le centre-ville des vieilles cités industrielles américaines à ressusciter.
À Pittsburgh, plus de cent parcelles ont été rasées et transformées en fermes urbaines et en jardins communautaires. À Detroit, où un tiers de la ville est à l’abandon, 16 millions de dollars vont être consacrés à la destruction de maisons. La municipalité, au bord de la faillite, envisage de diviser la ville en une série de centres urbains séparés par des zones vertes. À Flint, mille maisons ont déjà été démolies. Trois mille autres devraient suivre. Sur leurs ruines vont pousser prairies et forêts, comme si l’étalement urbain, marque de fabrique de la ville américaine, n’avait été qu’une parenthèse assez peu enchantée.
Le 16 février dernier le Laboratoire Européen d’Anticipation Politique (LEAP) / Europe 2020, groupe de réflexion européen, a publié un rapport plutôt alarmant, c'est le moindre que l'on puisse dire, sur l'évolution de la crise économique en crise sociale.